DGensT
«Syndrôme d’une generation soumise aux lois de la productivite»
Propos
DGensT est un hommage à l’œuvre de Charlie Chaplin, les « Temps Modernes, l’histoire de l’industrie, de l’entreprise individuelle, la croisade de l’humanité à la poursuite du bonheur ».
Diffusé pour la première fois en 1936, le film des Temps Modernes compte parmi les plus grands classiques du cinéma muet et apparaît aujourd’hui comme la seule fable cinématographique à la mesure de la détresse de l’homme du XXème siècle, face à la mécanique sociale et technique. Entraînée par la cadence d’un formidable leitmotiv, l’histoire se répète et s’amplifie. La projection de ce thème qu’abordait Chaplin, à notre époque, fait la lumière sur l’évolution linéaire d’un monde industriel qui, à l’aube du XXIème siècle, se voit entièrement conditionné par les exigences de la « croissance » économique. Si la mécanisation est en quelque sorte le « péché fondamental » de Charlot, son créateur n’aurait sans doute pas imaginé une telle parabole de son sujet. C’est désormais le règne du profit et la course à la productivité qui ont pris le pas, toujours au détriment de l’humain. DGensT dépeint la vie quotidienne d’hommes de notre temps, représentés d’abord dans l’activité automatisée, néanmoins laborieuse de leurs journées, qui dévoilent peu à peu leurs personnalités et leurs envies dès lors qu’ils s’acquittent de la mécanique et la répétition de leur travail. L’objectif est alors porté sur ces « interstices », précieux moments durant lesquels l’esprit s’échappe et se perd, laissant ainsi libre cours à l’imagination et aux rêves.
Demarche chorégraphique
DGensT est l’aboutissement d’un travail dont la démarche collective intègre les interprètes dans le processus d’écriture. La chorégraphie, quant à elle, est à l’image d’un métissage des vocabulaires gestuels propres à chaque danseur. Ainsi, la Break Dance se mêle aux Funk Styles à l’intérieur d’une création résolument hip-hop. Les divers modes d’expressions utilisés visent à restituer le sens d’une histoire, élaborée sur la base d’un scénario, qui serait racontée par le geste, habillée de musique et parsemée d’humour. Les personnages mis en scène se confondent avec les protagonistes du cinéma muet tant leur danse flirte avec l’expression théâtrale et le mime. S’inspirant de l a gestuelle pantomime de l’automate, les effets robotiques développés dans la danse hip-hop imitent les mouvements mécaniques d’un appareil en marche. Le roulement incessant des engrenages se devine au travers des mouvements circulaires de Break Dance. Le Popping est utilisé pour imager tantôt les arrêts de la machine, tantôt les sursauts et les tics d’un individu trop stressé qui contracterait continuellement une sorte de crampe mécanique. Par ailleurs, le Locking, danse aux allures clownesques, permet de rappeler de manière anecdotique, le style gestuel de Charlot.
La video
Les images projetées en fond de scène évoluent de concert avec la musique pour plonger le spectateur dans l’univers des personnages. L’environnement naturel y est à peine esquissé. De bois en béton, on bascule vite dans la réalité oppressante du métal. Le choix du noir et blanc pour ce travail sur la matière accentue le poids des images pour dépeindre un monde où les individualités n’ont pas leur place.
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